Numéro 4 - Janvier 2012
Web Science

ÉDITORIAL

Government, the corporate world and civil society need to work together to secure cyberspace.” L’importance de se prémunir contre les cyber-attaques a été réaffirmée lors du deuxième sommet international sur le cyber-espace organisé à Londres en novembre dernier. La question se pose d’autant plus en plein Printemps arabe, alors que le pouvoir du Web, qui dépasse le monde virtuel, est mis en exergue. Nous avons donc décidé de consacrer cette quatrième newsletter aux enjeux soulevés par la cyber-sécurité.   

Dès 2008, la Commission sur la cyber-sécurité de la Maison Blanche publiait un rapport et soulignait la nécessité de créer un bureau consacré à cette question. Elle rappelait d’ors et déjà que «La cyber-sécurité fait partie des défis économiques et de sécurité intérieure les plus graves que nous aurons à affronter au XXIe siècle». En effet, la dépendance à Internet, tant des individus que des Etats, est grandissante : données bancaires, intranet des entreprises ou numérisation de la défense etc. De plus en plus de données sont mises en ligne, et appellent une protection croissante. Un point sur les enjeux, les acteurs et les outils de la cyber-sécurité.

Lorraine Etienne, chercheur à l'UIR Web Science

DOSSIER : LA CYBERSÉCURITÉ

La cybersécurité est devenue une nécessité pour tous : particuliers, associations, organisations non-gouvernementales, entreprises ou organisations internationales. Elle vise à parer des agressions multiformes, qu’il s’agisse d’attaques des réseaux informatiques et téléphoniques ou informationnelles (Atteinte à la e-réputation, stratégies d’influence etc. voir l’ouvrage de Nicolas Arpagian sur La Cybersécurité, édition PUF).

Mais le forum de Londres témoigne de l’importance désormais accordée à la question par les Etats.

La première conférence internationale sur le cyber espace s’était tenue à Dallas en mai 2010. Alors que celle-ci s’était focalisée sur la « digital economy », la deuxième édition, organisée à Londres en juin 2011, visait à « mobiliser l’action internationale » face aux nouveaux enjeux soulevés par l’expansion éclair du Web. Un autre forum s’est tenu dans la capitale britannique début novembre, qui a rassemblé plus de 60 pays participants. Il s’est centré sur les notions de « web security » et « online crime ».

Janet Napolitano, la secrétaire américaine à la sécurité intérieure, était de passage à Paris début décembre 2011. Elle n’a cessé de rappeler que "le cyberespace est l'endroit où nos intérêts économiques et nos intérêts sécuritaires peuvent coïncider". Par conséquent, il est fondamental de se prémunir des tentatives d’intrusion, de plus en plus fréquentes. Piratage des boites mail de hauts fonctionnaires, vol de plans de matériels militaires, virus, détournement de l’Internet etc. Les cyber-attaques contre les Etats ont de multiples visages. Cette quatrième newsletter propose quelques pistes de compréhension du nouveau « crime majeur de notre ère » (Janet Napolitano).

(Tous les dossiers sont mis à jour régulièrement sur : webscience.blogs.usj.edu.lb)

Une définition de la cybersécurité à travers la conférence de Londres
Après avoir visité le site du Foreign et Commonwealth Office britannique, qui fait un résumé de la conférence de novembre, vous pourrez prendre connaissance des conclusions majeures de l’événement, résumées par le site spécialisé Computer Weekly.

The next Osama Bin Laden already has your social security number
Ce petit article d’Adam Levin pour le Huffington Post fait un résumé des derniers événements qui témoignent des menaces qui pèsent sur les Etats-Unis en matière de cyber attaques.

Russia and China are behind cyber warfare attacks, says Baroness Neville-Jones
Cet article du Telegraph relaie la controverse née des propos de l’ancienne ministre de la sécurité, Lady Neville-Jones, qui a accusé la Russie et la Chine d’être derrière des menaces de cyber-attaques. Elle n’incrimine toutefois pas les gouvernements, mais plutôt des individus qui essaient par la suite de revendre les informations volées.

Le cyberespionnage, une arme militaire et économique
Un point de vue français : l’article paru dans Le Monde en décembre dernier résume les dernières cyber-attaques majeures depuis 2009, et s’interroge sur la réalité des menaces ainsi que sur les moyens à mettre en place pour y faire face.

Inside Facebook’s massive cyber-security system
Enfin, et pour sortir du cadre des Etats et des menaces spécifiques auxquelles ils doivent faire face, ce texte du New Scientist s’intéresse au dispositif de cybersécurité développé par Facebook, qui pourrait être le théâtre de piratages de données privées, ce qui représente cette fois une menace pour les individus.


ACTUALITÉS

Actualités de l'UIR Web Science - CEMAM

L’UIR Web Science du CEMAM a tenu son premier séminaire ouvert le 24 novembre 2011. Après une rapide présentation de l’unité par son responsable Stéphane Bazan, Yves Gonzalez-Quijano, maître de conférences à l’université Lyon 2 en délégation CNRS à l’Institut français du Proche-Orient, a animé ce rendez-vous consacré aux racines digitales du Printemps arabe. Voir le compte rendu sur le blog.

L’UIR Web Science a participé, en la personne de Christophe Varin, directeur du CEMAM, à une conférence mondiale traitant de « low tech-high tech » qui s’est tenu du 15 au 17 décembre à Pondichéry. M. Varin a fait une intervention sur The Web as a ‘high and low tech’ vehicle for social innovation - An attempt to think the Arab Spring through “Web Science”.

Dernières infos de la Web Science

La création d’un « Open Data Institute » a été décidée à Londres en novembre dernier. Celui-ci sera codirigé par Sir Tim Berners-Lee et Pr. Nigel Shadbolt. L’institut devrait rassembler des institutions académiques ainsi que des entreprises, et aura pour principal objectif l’innovation et la commercialisation de des résultats des recherches en cours en matière d’Open Data.

Revue de presse - Articles recommandés

Décembre 2011 / Janvier 2012

PROFIL

Jimmy Wales

Jimmy Wales était l’un des participants à la conférence de Londres en novembre dernier. Finir sur son profil ajoute une touche d’optimisme à cette quatrième newsletter, en ce début d’année 2012 : malgré l’importance de la cybersécurité dans le système actuel, l’homme d’affaires américain a rappelé le principe fondateur de Wikipedia et du Web 2 en général : « Assume good faith » !

En mars 2000, Jimmy Wales, directeur de recherches au Chicago options Associates, qui a fait fortune grâce à la spéculation, lance Nupedia, une encyclopédie libre dont les auteurs sont soigneusement sélectionnés afin de garantir la qualité des articles. Mais la lenteur de mise en œuvre du projet le fait échouer. Par conséquent, il soutient l’initiative de son ancien rédacteur en chef, Larry Sanger, quand celui-ci propose, début 2001, d’utiliser un wiki pour créer une encyclopédie. Il supervise le projet, et assure sa pérennité lorsque Sanger démissionne en 2003. Depuis, en dix ans, il a réussi à créer un réseau de connaissances à l’échelle mondiale. Pour ses accomplissements, il a reçu en 2011 le prix Gottlieb Duttweiler, dont les lauréats sont choisis pour leur contribution exceptionnelle à l’intérêt général (parmi ses prédécesseurs, on compte notamment Kofi Annan ou Vaclav Havel).

Wikipedia incarne le Web 2, en ce qu’il permet plus de simplicité, d’interactivité et de partage dans l’utilisation faite du Web. Ainsi, l’organisation sans but lucratif, financée par des dons, a un principe simple, qui compense les aspects négatifs de la prise d’importance du Web évoqués précédemment dans cette newsletter : “Imagine a world in which every single person on the planet is given free access to the sum of all human knowledge. That's what we're doing.” (Interview de Jimmy Wales pour Slashdot, juillet 2004)

A PROPOS DE LA NEWSLETTER

Rédaction :
Lorraine Etienne
Stéphane Bazan
Sabrine Saad
Addis Tesfa
Christophe Varin

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